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Décret n° 2026-022/PR/MJC portant classement du site d’art rupestre d’Abourma au patrimoine culturel national.
- Mesure: Générale
- Date de Publication:
LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DU GOUVERNEMENT
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DU GOUVERNEMENT
VU La Constitution du 15 septembre 1992 ;
VU La Loi n°92/AN/10/6ème L du 21 avril 2010 portant révision de la Constitution ;
VU La Loi n°192/AN/25/9ème L du 06 novembre 2025 portant révision de la Constitution ;
VU La Loi n°162/AN/22/8ème L du 21 juillet 2022 portant réorganisation du Ministère de la Jeunesse et de la Culture ;
VU La Loi n°208/AN/25/9ème L du 25 décembre 2025 relative à la protection du patrimoine culturel de la république de Djibouti ;
VU La Loi n°123/AN/24/9ème L du 19 décembre 2024 portant adoption de la Politique Nationale de la Jeunesse et de la Culture;
VU Le Décret n°2021-105/PRE du 24 mai 2021 portant nomination du Premier Ministre ;
VU Le Décret n°2021-106/PRE du 24 mai 2021 portant nomination des membres du Gouvernement ;
VU Le Décret n°2021-114/PRE du 31 mai 2021 fixant les attributions des Ministères;
VU Le Décret n°2022-001/PRE du 02 janvier 2022 portant Remaniement Ministériel;
VU Le Décret n°2025-082/PRE du 01 avril 2025 portant nomination du Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale ;
SUR Proposition du Ministre de la Jeunesse et de la Culture.
Le Conseil des Ministres entendu en sa séance du 13 Janvier 2026.
DECRETE
Article 1er : Classement
Est classé patrimoine culturel national, conformément aux dis
positions de la loi n°208/AN/25/9ème L du 25 décembre 2025
relative à la protection du patrimoine culturel de la république de
Djibouti, le site d’art rupestre d’Abourma, situé dans la région de
Tadjourah, sur Ie massif du Makarrassou.
Article 2 : Délimitation du site
Le site classé comprend :
– un périmètre principal d’une superficie de 36,2 hectares, incluant l’ensemble des parois, blocs, gorges, éboulis et supports portant des gravures rupestres ;
– une zone tampon d’une superficie de 98,8 hectares, destinée à assurer la protection environnementale, paysagère et archéologique du site.
Les limites du périmètre et de la zone tampon sont précisées dans les documents cartographiques annexés au présent décret.
Article 3 : Valeur patrimoniale
Le site d’Abourma présente un intérêt archéologique, historique, artistique et scientifique majeur.
II constitue un témoignage exceptionnel de l’art rupestre de la Corne de l’Afrique, illustrant l’évolution des sociétés humaines, de la chasse à la faune sauvage à l’émergence du pastoralisme bovin et camelin, à travers plus de neuf cent trente-sept (937) panneaux gravés.
Article 4 : Mesures de protection
Sont interdits, à l’intérieur du site classé et de sa zone tampon, sauf autorisation préalable du ministre chargé de la Culture, délivrée sur la base d’une demande dûment motivée et d’une étude d’impact, et après avis conforme de la Commission nationale du patrimoine culturel :
– toute destruction, dégradation, altération ou modification des gravures et de leurs supports ;
– toute fouille, extraction, prélèvement ou déplacement de matériaux archéologiques ;
– toute construction, installation ou activité susceptible de porter atteinte à l’intégrité du site ;
– toute exploitation économique ou commerciale non autorisée.
Article 5 : Gestion du site
La gestion administrative du site est assurée par le :- Ministère de la Jeunesse et de la Culture, à travers la Direction de la Culture.
– La gestion scientifique est confiée à l’Institut de Recherche
Archéologique et Historique (IRAH).
Il est institué un Comité local de gestion, associant les autorités administratives locales, les services techniques compétents et les représentants des communautés riveraines.
La composition, les missions et le fonctionnement de ce comité sont fixés par arrêté présidentiel pris sur proposition conjointe des Ministres de la Jeunesse et de la Culture et du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Article 6 : Plan de gestion
Un plan de gestion pluriannuel doit être élaboré par le Ministère de la Jeunesse et de la Culture, en concertation avec l’Institut de Recherche Archéologique et Historique (IRAH) et le Comité local de gestion, afin d’assurer la conservation, la recherche scientifique, la surveillance et la valorisation du site, en vue notamment de sa candidature à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Article 7 : Sanctions
Toute infraction aux dispositions du présent décret est passible des sanctions prévues par la Législation en vigueur, notamment celles prévues par la loi n°208/AN/25/9ème L du 25 décembre 2025 relative à la protection du patrimoine culturel de la république de Djibouti.
Article 8 : Exécution
La Ministre de la Jeunesse et de la Culture, le Ministre de l’Intérieur et le Ministre chargé de l’Environnement, le ministre délégué chargé de la décentralisation, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret.
Article 9 : Publication
Le présent Décret sera enregistré, communiqué partout où besoin sera et publié au Journal Officiel de la République de Djibouti.
Fait à Djibouti, le 26 Janvier 2026
Le Président de la République,
Chef du Gouvernement
ISMAÏL OMAR GUELLEH